Ma peau, mon poids, mon âme

 

Ma peau, mon poids, mon âme
Crédit – Inconnu

Suite à mon emménagement à Londres, pour la 1ère fois depuis mon mariage je me retrouve seule. Seule le soir avec ce temps  devant moi  je retrouve de vieux réflexes beauté. Plus jeune, devant le miroir, je chantais, dansais, discourait, m’observais longuement. Parfois avec bienveillance souvent avec cruauté…

Les années ont passé et cette habitude aussi. Le miroir devenu objet pratique, m’assurait que ma tenue était correcte, mon make-up en place, pas de tâche laissée par un bébé…Boum! Et la journée démarrait. Puis le soir au démaquillage, une vague pensée sur le temps qui passe, cette nouvelle ride, ces cernes qui se creusent, le poids qui s’installe mais pas le loisir de trop réfléchir sur le sujet. Un léger vague à l’âme, la promesse de s’occuper un peu de moi, de faire un régime, d’aller au prochain cours de Zumba… histoire de pas se retrouver friper à 40 ans.

Puis j’ai eu 40 ans cette année! Et ce soir, seule à Londres, je m’observe dans ce miroir.

Je me découvre curieuse de ce que je suis devenue et bon sang que j’ai changé! Mes proportions, la qualité de ma peau, des cheveux blancs : je m’interroge sur le vécu de ce corps qui m’accompagne. La perte récente de nombreux proches a radicalement modifié ma perception de corps, sa fonction.

Son apparence n’est plus un passeport vers une validation sociale (t’es belle donc tu plais donc t’es respectée donc t’as plus d’opportunité) quel concept fumant franchement! Je vois aujourd’hui mon apparence comme un indicateur, le reflet de ce qui se passe à l’intérieur en terme de santé physique et mental.

Mon hygiène alimentaire et mentale, mes produits de beauté, mes activités physique ne servent plus qu’à servir le besoin d’être bien. Dans mon corps et dans ma tête. Non pas dans un idéal philosophique tantrique. Mais dans le but de servir ce véhicule organique complexe qui m’aide à vivre ma vie au mieux! La vie peut être si longue ou si courte, j’ai le désir de la vivre au mieux.

Faire attention aux signes…Une vergeture n’est plus la condamnation de rester en shorty enroulée dans une serviette de plage l’été à Cannes. C’est l’indication d’un changement hormonal, d’une tension physique lié à des facteurs biologiques. Est-ce un danger pour ma vie? Oui ou non?

Cette boule dans mon sein qui grossit, ces pertes de mémoire de plus en plus fréquente, ce mal de tête persistant depuis des mois qui joue sur mon comportement. Ces symptômes vont-ils modifier ma vie dans les mois à venir?

Chaque jour m’amène un peu plus vers une prise de conscience plus poussée de ce que je suis, de mon rôle à jouer.

Quand je me regarde dans le miroir, je ne vois plus qu’un corps et ensuite je réfléchis. Non, ce soir je me vois entière.! Il était temps de  de fusionner l’être, le paraître et ma pensée. Il était temps de m’aimer pour aimer davantage les autres. Aimer davantage la vie!